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Une hagiographie ?


Décembre 1986.
Gérald (batterie) et Antoine (guitare+voix) se connaissent depuis quelques mois, le second ayant joué dans le groupe du premier, Requiem, où se trouvent déjà le futur chanteur de Francis, ainsi que des futurs Treponem Pal, Hoax, FastForward…
Mais ça c’est le futur, donc reprenons…
Pour le moment, les deux musiciens répètent ensemble, montent un set de 6 chansons, et choisissent le nom du groupe.
Puis, ils débauchent un jeune bassiste, Fabrice, et affinent ensemble ce répertoire très cold-wave, aux influences Cure et Virgin Prunes.
Très vite, ils jouent dans leur banlieue, leur univers se dessine, ils enregistrent une démo sur un magnéto 2 pistes, d’autres personnes font de brèves apparitions mais il manque encore quelque chose…
Au bout d’une année, et au regard des difficultés pour Antoine de chanter et de jouer, ne voulant pas privilégier l’un au détriment de l’autre, le groupe appelle Philippe_Requiem à la rescousse.
En une seule répète, ils savent que c’est maintenant que tout commence…

Francis Massacre est à présent cette entité protéïforme, sujette aux hoquets des quatre fortes personnalités qui la compose.
Parce qu’il n’est pas facile d’appartenir à ce groupe. Chacun cherche à aller le plus loin possible musicalement et humainement, à se réinventer en permanence, et les excés sont légions.
Ca peut aller d’une répète de trois heures batterie/chant dans le noir total, en passant par une set-list qui s’allonge un peu plus à chaque répète, ou encore par les débordements notoires des deux frontmen, car Philippe et Antoine, au delà de la forte amitié qui les lie encore aujourd’hui, sont capables du pire comme du meilleur, à la ville comme à la scène, entre eux comme envers le public.

Les concerts s’enchainent, de leur petite salle jusqu’au Gibus, avec de grands groupes de l’époque : Treponem Pal, Maldodor, Opus Dei, Damage Done, Mary goes round…
Quelques enregistrements se font au fil des époques, car Francis Massacre est toujours en évolution musicale perpétuelle, explore la nébuleuse cold-wave, post-punk, batcave, gothique…mais c’est toujours Francis Massacre !
Le quatuor se fait remarquer par l’intensité de sa musique, sa volonté de renouvellement,
ses shows parfois houleux (dans la salle comme sur la scène), et doucement le public se rapproche.
Vers 1989, Marco, vieil ami du groupe, apporte sa guitare et ouvre de nouvelles voies à Antoine et à la bande. Il sera le seul des musiciens qui ont participé à l’aventure à les accompagner jusqu’au bout.
Malgré l’apparence du groupe (chacun a son propre look, voire change de look suivant son humeur…), l’artwork noir et blanc made with photocopieuse, la diversité de son répertoire,
les salles se remplissent, le public s’étoffe autour des « Furies », qui sont les filles de la bande et qui ne passent jamais inaperçues ! La presse montre le bout de son nez et R&F gratifie FM d’outsider dans leur sondage sur les groupes français, position qui sied fort bien aux garçons.

Donc pas de star-system pour FM.
De toute façon ça n’intéresse personne vu qu’ils sont déjà des « stars » à leur sens : ils sont un putain de groupe, avec des kilos de chansons, un public fervent, et les labels qu’ils démarchent ne sont jamais d’accord (trop mélodique pour les uns, pas assez pour les autres…) !
Bien sur, ils ne cracheraient pas sur une proposition d’album.
Malheureusement, l’histoire en décidera autrement. En effet, les derniers contacts enclenchés avec Aline Richard ou encore Sordide Sentimental n’aboutiront pas, parce qu’un soir d’hiver 1991, Francis Massacre se disloque définitivement.

Après cinq années d’effervescence, Gérald et Fabrice remballent, usés physiquement et psychologiquement. Il est temps pour eux de passer à autre chose, leur survie en dépend.
Ils arrêtent donc la musique.
Marco n’en dira rien, qui a toujours pudiquement considéré sa place au sein du groupe comme un immense honneur.
Mais que dire de Philippe et Antoine, anéantis par la nouvelle ? Eux aussi, ils passent à autre chose, et puisque Francis Massacre n’est rien sans l’un des quatre piliers, ils feront d’autres groupes, d’autres expériences, et sont toujours en activité sous le nom d’AinSophAur.


Epilogue.
Le dernier concert, donné un an après le split, reste un des grands moments de l’existence de Francis Massacre. Salle comble, ils sont tous là. Les amis de banlieue, le tout paris underground, ainsi que la jeune garde…et puis ce fut fini.


Certains oublierons, d’autres pas…eux jamais !